Prévention concernant le travail à la chaleur en médecine du travail

Irene Kunz

Travailler dans un environnement très chaud peut avoir un impact négatif sur la capacité de travail et la santé. Le présent article traite des dangers liés au travail à la chaleur, des premiers secours, de l’évaluation des conditions climatiques et des principes généraux de prévention des atteintes liées à la chaleur.

Généralités concernant le travail à la chaleur

Qu’elles s’effectuent en plein air ou à l’intérieur, les activités exercées dans l’industrie, le commerce et l’artisanat peuvent être associées à une exposition importante à la chaleur. Cela met non seulement le corps à rude épreuve, mais entraîne aussi davantage d’accidents dans la construction et les transports. Dans ces secteurs, on a enregistré une augmentation du nombre d’accidents de 7 % entre 2000 et 2015 les jours où la température dépassait 30° C. D’une manière générale, dans tous les domaines industriels utilisant des procédés à forte consommation énergétique et dégageant de la chaleur, il existe des risques d’exposition à la chaleur durant le travail. Les secteurs typiques à cet égard sont l’industrie métallurgique, notamment les fonderies, ainsi que l’industrie papetière, la fabrication de ciment et du verre, la production du chocolat, le travail de cuisinier aux fourneaux ou les travaux souterrains en atmosphère chaude et humide. De même, travailler dans les conduits de chauffage urbain, sur des systèmes chauffants ou réfrigérants ou sur d’autres appareils et machines qui dégagent de la chaleur dans des locaux exigus peut donner lieu à une exposition à la chaleur.

Avec le réchauffement climatique et la multiplication des vagues de chaleur, on peut trouver des postes de travail temporairement exposés à la chaleur dans tous les secteurs industriels en raison de l’élévation des températures, en particulier en été.

Lorsqu’une activité impliquant une exposition à la chaleur est combinée à des efforts intenses et au port de vêtements inappropriés, elle peut provoquer un réchauffement du corps et donc une élévation de la température centrale supérieure à 38,5° C. Tout travail effectué dans des conditions de chaleur excessive représente un risque pour la santé, même s’il est de courte durée.

Outre par la température de l’air et le rayonnement thermique, le climat d’un poste de travail est considérablement influencé par l’humidité et la vitesse de l’air. En particulier lorsque la température ambiante est élevée (plus de 30° C), la possibilité de refroidissement du corps par évaporation de la sueur joue un rôle déterminant. Celle-ci est d’autant plus efficace que le taux d’humidité est faible et la vitesse de l’air élevée. Si, en plus, le taux d’humidité est élevé, la contrainte thermique s’accroît. Travailler dans des conditions de forte chaleur peut avoir des répercussions négatives sur les performances et la santé de l’homme. Ces répercussions peuvent prendre la forme d’une fatigue, d’une baisse de l’attention, d’une sensation de malaise, d’une diminution des performances et même de maladies ou de blessures dues à la chaleur. La chaleur peut aussi venir s’ajouter à des facteurs existants sur le lieu de travail, ce qui augmente le risque d’autres effets et de blessures associées.

Lorsque la température ambiante extérieure est supérieure à 26° C, de sorte que la température de l’air dans une pièce dépasse 26o C, il est nécessaire de prendre des mesures supplémentaires. Il faut alors au moins relever la température, puis en déduire les mesures appropriées en fonction de la situation de travail. Dans certains cas, travailler à plus de 26° C peut mettre la santé en danger. C’est le cas par exemple lorsqu’il faut effectuer des travaux physiques pénibles, porter des vêtements de travail ou de protection particuliers qui entravent de manière importante la dissipation de la chaleur, ou lorsque des personnes à risques ou nécessitant une protection particulière – jeunes, seniors, femmes enceintes ou allaitantes p. ex – travaillent à l’intérieur. Si la température ambiante dépasse 30° C dans des locaux, il faut envisager la prise de mesures. L’employeur doit notamment prendre toutes les mesures nécessaires et efficaces pour réduire la contrainte que subissent les employés.

Tableaux cliniques

Les tableaux cliniques résultant d’une contrainte thermique non compensable sont récapitulés dans le tableau ci-dessous d’après C. Piekarski 1982.

Toutes les formes de pathologies dues à la chaleur peuvent évoluer subitement en coup de chaleur. Pour que le traitement soit efficace, il est essentiel d’une part qu’un coup de chaleur soit diagnostiqué aussi rapidement que possible et, d’autre part, de refroidir le corps afin d’abaisser la température centrale à moins de 40 °C en l’espace de 30 minutes. La mise en œuvre immédiate de mesures de refroidissement efficaces constitue la seule approche thérapeutique causale en cas de coup de chaleur. Le temps perdu est impossible à rattraper. Il n’existe pas de traitement médicamenteux. Prévenir est donc préférable que traiter (planification du travail, réduction de l’exposition, hydratation, acclimatation et vêtements adaptés). Il faut donc mettre fin à l’exposition à la chaleur en temps voulu par l’arrêt ou l’interruption du travail ou encore par la mise en place de pauses pour se rafraîchir.

Prévention concernant le travail à la chaleur en médecine du travail

Dans le cadre de la médecine du travail, la prévention applicable aux personnes travaillant à la chaleur a pour but d’éviter les maladies liées à la chaleur. En vertu de l’article 70 de l’ordonnance sur la prévention des accidents et des maladies professionnelles (OPA), la Suva peut, par une décision, assujettir une entreprise, une partie d’entreprise ou un travailleur aux prescriptions sur la prévention dans le domaine de la médecine du travail afin de prévenir des maladies professionnelles propres à des catégories d’entreprises ou à des genres de travaux déterminés, ainsi que pour prévenir certains risques d’accident inhérents à la personne du travailleur. Par conséquent, il est possible de signaler à la Suva non seulement des parties d’entreprise exposées à la chaleur, mais également des travailleurs individuels qui sont atteints de maladies et chez lesquels on soupçonne une aptitude réduite au travail à la chaleur. Après examen de la situation individuelle sur place, la Suva peut ordonner des mesures de prévention des maladies liées à la chaleur. Avant tout, des mesures techniques et organisationnelles de prévention du travail à la chaleur sont examinées et mises en œuvre. S’il n’est pas possible de prévenir les maladies liées à la chaleur à l’aide de ces mesures, la Suva peut exiger des examens préventifs de médecine du travail (art. 70 OPA). Selon l’art. 78 OPA, un travailleur peut être exclu (inaptitude) d’un travail dangereux ou autorisé à exécuter ce travail à certaines conditions (aptitude conditionnelle). Si le travailleur est en mesure d’effectuer le travail sans condition (aptitude), la Suva en informe l’employé et l’employeur.

Principes généraux de prévention des maladies liées à la chaleur

En vertu de la directive CFST 6508, l’entreprise doit faire appel à des spécialistes MSST en cas de risques particuliers et si elle ne dispose pas des connaissances requises pour garantir la sécurité au travail et la protection de la santé. Le travail à la chaleur entre dans cette catégorie de danger. Le corps humain est capable de s’adapter au climat. Cela se fait, d’une part, de manière inconsciente par les fonctions de thermorégulation du corps comme la transpiration quand il fait chaud et, d’autre part, de manière consciente par le choix de vêtements, de l’intensité de travail et du temps passé dans la zone de forte chaleur. En outre, dans la mesure où la résistance à la chaleur des individus et les conditions de travail varient beaucoup, il n’existe pas de valeur limite de température qui serait applicable à tout le monde. Les travaux souterrains dans un climat chaud et humide où la température sèche est limitée à 28° C font ici exception.

Compte tenu de la directive CFST 6508, les postes de travail doivent donc faire l’objet d’une évaluation en termes de risques de chaleur. La norme DIN EN ISO 27243 constitue un instrument fiable et reconnu au niveau international. Pour l’analyse des risques, elle s’appuie sur l’intensité du travail en watt et l’indice de température WBGT (Wet Bulb Globe Temperature – ou température limite de refroidissement). L’indice WBGT tient compte non seulement de la température sèche, mais également de l’humidité de l’air, de l’influence de la convection (transfert thermique) et du rayonnement thermique. En cas de travaux physiques de longue durée à des températures dépassant 25° C WBGT lors d’une période de travail, la norme DIN EN ISO 27243 impose d’évaluer la contrainte thermique et, selon la durée et la pénibilité des travaux, d’envisager des mesures de prévention. D’une manière générale, les travaux physiques d’une durée supérieure à une heure et de valeurs climatiques à partir de 30° C WBGT, nécessitent de prendre des mesures.

Les vêtements, l’environnement et les travaux doivent être choisis de façon à empêcher une déshydratation et une élévation excessive de la température du corps. Il est pour cela possible de recourir à des mesures techniques, organisationnelles et personnelles.

1. Mesures techniques

Les processus de travail utilisés doivent permettre d’éviter une exposition excessive à la chaleur ambiante. Les postes de travail doivent être protégés de la chaleur rayonnante et du rayonnement solaire directs. Il est également important de prévoir des dispositifs de ventilation et d’aération appropriés ou des douches d’air pour refroidir l’air. Pour les postes de travail fixes, il est parfois possible d’installer un système de refroidissement/climatisation. Afin de limiter le dégagement de chaleur des machines, celles-ci peuvent être équipées d’une isolation supplémentaire ou d’un écran de protection. Pour se tenir à distance des sources de chaleur, on veillera à utiliser des processus de travail automatisés ou télécommandés.  

2. Mesures organisationnelles

Il faut éviter les travaux pénibles ou très pénibles en cas de fortes chaleurs. Comme on peut le voir dans le tableau ci-dessous, les travaux impliquant une consommation énergétique de 200-260 W/m2 sont considérés comme pénibles, échelon 3, et les travaux impliquant une consommation énergétique de plus de 260 W/m2 sont considérés comme très pénibles, échelon 4.
 

Reference values corresponding to a given situation

Norme DIN EN ISO 27243

On établit ici une distinction entre les travaux effectués en plein air et ceux qui sont effectués dans des locaux fermés sans renouvellement important de l’air, ainsi qu’entre les postes de travail fixes et les postes de travail temporaires. La liste de contrôle «Travailler à l’extérieur en plein soleil et par fortes chaleurs» fournit également des renseignements à ce sujet. S’il n’est pas possible d’éviter des travaux pénibles ou très pénibles par fortes chaleurs, la durée du temps passé dans la zone de chaleur doit être réduite en effectuant par exemple les travaux physiques lourds en plein air si possible le matin. La liste de contrôle «Travailler à l’extérieur en plein soleil et par fortes chaleurs» fournit des conseils pratiques à cet égard. En outre, les activités qui n’exigent pas de se tenir dans la zone de chaleur doivent être exécutées en dehors de celle-ci. Le temps passé dans la zone de chaleur peut également être écourté en effectuant régulièrement des «pauses de refroidissement» toutes les heures dans un endroit plus frais ou ombragé. Le graphique ci-dessous, tiré de la norme DIN EN ISO 27243, fournit les connaissances nécessaires à ce sujet. Un «travail continu», autrement dit un travail sans pause, n’est autorisé qu’en dessous de la ligne.

Durée d’observation 1 heure ; mouvements d’air perceptibles; la personne est acclimatée. Norme DIN EN ISO 27243

Réduire l’intensité de travail, autrement dit le rythme de travail, ou interrompre le travail physique en restant dans la zone de chaleur permettent également de réduire l’accumulation de chaleur. Pour cela, des pauses fréquentes de courte durée sont plus efficaces qu’un petit nombre de pauses de longue durée. Les travailleurs doivent être informés des risques pour la santé liés au travail à la chaleur et des mesures à prendre pour les éviter. L’acclimatation par paliers permet au corps de s’adapter progressivement à la chaleur et réduit le risque de survenue d’une maladie due à celle-ci. L’acclimatation nécessite entre une et deux semaines et disparaît tout aussi rapidement. Il convient de prendre en compte l’acclimatation lors de la planification du travail.

Les zones critiques nécessitent un concept de surveillance du climat. Il convient de désigner un responsable du climat et de mesurer le climat ambiant. Lorsque des valeurs critiques sont atteintes, des mesures doivent être définies, dont la mise en œuvre doit être contrôlée. Enfin, il faut élaborer un concept de sauvetage.

3. Mesures personnelles

Si les risques d’accident ou d’atteinte à la santé ne peuvent pas être éliminés par des mesures d’ordre technique ou organisationnel, ou alors seulement partiellement, l’employeur mettra à la disposition des travailleurs des équipements de protection individuelle qui doivent être efficaces et dont l’utilisation peut être raisonnablement exigée (art. 5 OPA). Les travailleurs doivent porter une tenue de travail adaptée qui permette à la transpiration de s’évaporer. L’utilisation des vêtements de protection contre la chaleur, y compris les chaussures et les couvre-chefs, doit être contrôlée. En cas de travail à la chaleur de courte durée, le port d’une veste rafraîchissante sera examiné. Des boissons appropriées doivent être mises à disposition près du poste de travail afin de prévenir une déshydratation. Il faut demander aux travailleurs de prendre au sérieux leur sensation de soif et de se désaltérer rapidement le cas échéant. Ils doivent également être instruits sur le comportement correct à adopter en cas de maladie. Les personnes atteintes d’affections fébriles ne sont pas aptes à travailler à la chaleur tant qu’elles sont malades. Dans les zones critiques en termes de climat, il est nécessaire de prendre des mesures préventives de médecine du travail. L’utilisation d’appareils de mesure portatifs pour relever la température centrale corporelle permet d’évaluer la contrainte thermique individuellement et sur place. Ce complément individuel au système de mesure du climat améliore considérablement la sécurité au travail et la protection de la santé. Cette mesure permet de détecter sur place une hyperthermie imminente à un stade précoce et de prendre immédiatement des mesures afin de prévenir un coup de chaleur.

S’il n’est pas possible de prévenir de manière fiable les maladies liées à la chaleur par des mesures techniques et organisationnelles appropriées, la Suva peut ordonner des examens préventifs de médecine du travail afin d’évaluer l’aptitude des employés à travailler à la chaleur, art. 70 OPA. La décision de faire procéder ou non à des examens préventifs ne peut être prise que sur la base d’une évaluation des risques sur place dans l’entreprise et donc au cas par cas. Il faut procéder à un premier examen avant le début du travail par fortes chaleurs et, par la suite, à des examens de contrôle périodiques. L’examen préventif pour le travail à la chaleur repose sur un interrogatoire médical concernant les maladies antérieures et actuelles, les plaintes actuelles, les médicaments et les habitudes, ainsi que sur un examen clinique portant en particulier sur le cœur, la circulation et les poumons. En outre, des analyses de laboratoire (bilan sanguin, hépatique, rénal et urinaire), un ECG au repos, un ECG à l’effort et un examen de la fonction pulmonaire seront réalisés. Selon l’art. 71 OPA, l’employeur doit confier ces examens au médecin le plus proche qui soit apte à y procéder. La Suva peut aussi les réaliser elle-même. Si les résultats de ces examens ne suscitent aucune inquiétude quant à la capacité de l’employé à effectuer le travail prévu, il est considéré comme apte à travailler à la chaleur. Si, en revanche, ces examens ne permettent pas de dissiper les craintes, des clarifications supplémentaires doivent être apportées. Lorsque le travailleur n’est pas apte ou s’il existe des doutes quant à son aptitude, il ne doit plus travailler dans la zone chaude. Travailler dans des conditions climatiques défavorables nécessite une bonne forme physique et mentale. Les personnes souffrant de maladies chroniques affectant en particulier le cœur, la circulation, les poumons, les reins et le foie ainsi que le métabolisme courent un risque accru pour leur santé, lorsqu’elles effectuent de tels travaux, même si ces maladies sont bien contrôlées. Lorsqu’une personne supporte mal la chaleur, on parle d’intolérance à la chaleur. Des facteurs constitutionnels généraux comme l’âge, le surpoids ou une mauvaise condition physique constituent des facteurs de risque de maladie due à la chaleur, tout comme l’alcool et un certain nombre de médicaments comme les antihistaminiques, les bêtabloquants, les benzodiazépines, etc. Lorsqu’on suspecte un risque accru, le travailleur doit être signalé à la Suva, médecine du travail, afin que des investigations supplémentaires puissent avoir lieu, incluant un examen de l’état de santé du travailleur et une analyse du poste de travail. S’il n’est pas possible d’améliorer le poste de travail à la chaleur par des mesures techniques, organisationnelles ou personnelles de sorte que la poursuite de l’activité ne constitue plus une menace sérieuse pour l’état de santé du travailleur, il est possible, en vertu de l’art. 78 OPA, de prononcer une décision d’inaptitude. Une telle décision n’est envisageable que pour les personnes assurées LAA à titre obligatoire. Si l’employé est exclu d’un travail de façon durable ou limitée dans le temps et ne peut plus travailler pour son employeur pour cette raison, il a droit à un conseil personnalisé de la part de la Suva. La Suva doit le renseigner de manière complète sur les conséquences pratiques de cette exclusion et lui indiquer les offices auxquels il peut s’adresser pour trouver un emploi adapté. Selon l’art. 83 - 87 OPA, l’assuré a également droit à des prestations transitoires pour changement d’occupation.

Bibliographie

DIN EN ISO 27243: Estimation de la contrainte thermique de l’homme au travail, basée sur l’indice WBGT

EN ISO 7726 : Ergonomie des ambiances thermiques – Appareils de mesure des grandeurs physiques.

Ordonnance sur la prévention des accidents et des maladies professionnelles OPA, art. 5, 70, 71,78, 83-86.

Directive relative à l’appel à des médecins du travail et autres spécialistes de la sécurité au travail n° 6508, 2017, Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail.

Loi sur le travail LTr, RS 822.11, ordonnance 3 relative à la loi sur le travail et commentaire de l’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail, art. 16 Climat des locaux, art. 20 Ensoleillement et rayonnement calorifique, 2011, seco.

Suva, liste de contrôle «Travailler à l’extérieur en plein soleil et par fortes chaleurs», réf. 67135

Suva, brochure «Prophylaxie médicale lors des travaux souterrains en ambiance chaude et humide», réf. 2869/26.f

Hitzearbeit, I. Suva Medical 2013; pp. 60-81

Gesundheitsgefahren und Interventionen bei anstrengungsbedingter Überhitzung, D. Leyk, J. Hoitz, C. Becker, K.J.Glitz, K. Nestler, C. Piekarski; Deutsches Ärzteblatt, Jg 116, Heft 31-32, 5. August 2019

 

 

Adresse de correspondance

Doctoresse Irene Kunz
Cheffe du secteur AMS
Spécialiste en médecine interne générale
Spécialiste en médecine du travail

Suva, Fluhmattstrasse 1, 6002 Lucerne
041 419 56 03
irene.kunzvondracek@suva.ch