Roulette russe sur les toits suisses

Dans un cas sur trois, les accidents professionnels mortels ou gravement invalidants sont dus à des chutes de hauteur. Une nouvelle analyse des accidents professionnels de la Suva montre que les conséquences d'une chute de 5 mètres de hauteur ont tendance à être sous-estimées. En effet, dans près de la moitié des cas, les chutes mortelles se produisent à moins de 5 mètres du sol. A cette hauteur, l’être humain n’est pas en mesure d’influencer le cours de sa chute ni celui de l’impact. Il est donc important de prendre toutes les mesures adéquates pour éviter de tomber.

La Suva enregistre chaque année 9000 chutes auprès des travailleurs qu’elle assure. Dans 280 cas, ces accidents causent des dommages irréversibles. Dans 22 cas, la chute est mortelle. Dans les faits, les chutes sont presque toujours dues au non-respect des règles vitales. Seule l'observation systématique de ces règles permet de se protéger contre les conséquences dramatiques d'une chute, comme le montrent des simulations réalisées par le Groupe de travail de mécanique des accidents AGU (Arbeitsgruppe für Unfallmechanik AGU). Ce dernier a analysé, sur mandat de la Suva, les conséquences d'une chute à différentes hauteurs. A 3 m, tout comme à 5 m ou à 8 m de hauteur, le risque que la tête de la victime touche le sol en premier est extrêmement élevé, et les traumatismes cranio-cérébraux graves entraînant des décès ou des invalidités représentent par conséquent le risque numéro un. Si le dos touche le sol en premier, en revanche, la personne accidentée présentera le plus souvent des blessures graves pouvant entraîner une paraplégie. «La durée de la chute est courte. A 3 m de hauteur, par exemple, elle dure moins d'une seconde. Pendant ce laps de temps, la victime n'a aucune possibilité d'influencer l'impact», explique Markus Muser, accidentologue à l'AGU.

Prévenir les chutes, c'est possible

Il y a longtemps que la Suva et les branches concernées ont défini les principes de base à observer pour prévenir les chutes de hauteur au travail. Il s'agit des «règles vitales» et du message STOP. «Les règles vitales et le droit d'interrompre son travail en cas de danger sont connus dans les entreprises», affirme Marc Truffer, chef de la division sécurité au travail à la Suva. Mais les chutes de hauteur demeurent toujours aussi fréquentes. Les travailleurs devraient prendre conscience qu'ils risquent leur vie en continuant à travailler lorsqu'ils savent qu'une règle vitale n'a pas été respectée. Les employeurs, pour leur part, devraient s'astreindre à instruire leurs collaborateurs et imposer les règles vitales. «Le seul moyen de se protéger contre les chutes de hauteur est d'observer strictement les règles vitales. Sinon, c'est la roulette russe», conclut Marc truffer.

Victime d'un accident, Werner Witschi lutte pour revenir à la vie

La routine fait partie des facteurs de risque de chute de hauteur. Ignorer une seule fois une règle vitale ‒ même quand on pense connaître son travail par cœur ‒ peut s'avérer fatal. C'est exactement ce qui est arrivé à Werner Witschi. Il n'a malheureusement pas respecté les règles vitales... et il a eu un grave accident en tombant à travers un toit en 2013. Aujourd'hui, il vit en chaise roulante. Après avoir lutté pour revenir à la vie, il met son expérience au service de la prévention des chutes de hauteur auprès des travailleurs. Devenu ambassadeur de la Suva, Werner Witschi explique, dans une série de vidéos de sensibilisation, comment il a retrouvé sa joie de vivre et à quel point il est important de respecter les règles vitales pour éviter des accidents graves. 

Arbeiter, der mit einem Seil gesichert ist, wechselt auf einem Dach Ziegel aus.Anschlageinrichtung auf einem geneigten Dach

Roulette russe sur les toits suisses

La Suva exerce son activité depuis 1918 et emploie près de 4200 personnes au siège de Lucerne, dans ses 18 agences réparties dans toute la Suisse et dans ses deux cliniques de réadaptation de Bellikon et de Sion. Entreprise indépendante de droit public générant un volume de primes d'environ 4,1 milliards de francs, elle assure près de 128 000 entreprises, soit 2,0 million d'actifs, contre les conséquences des accidents et des maladies professionnelles. Les bénéficiaires de l'assurance chômage sont assurés automatiquement à la Suva. Depuis 2005, la Suva assume aussi la gestion de l'assurance militaire sur mandat de la Confédération. Ses prestations comprennent la prévention, l'assurance et la réadaptation. L'entreprise est financièrement autonome et ne perçoit pas de subventions. Ses excédents de recettes sont redistribués aux assurés sous forme de réductions de primes. Les partenaires sociaux, employeurs et salariés, de même que la Confédération sont représentés au sein du Conseil de la Suva.