Un nouveau départ pour les victimes d’accidents

Les cliniques de la Suva, à Sion et à Bellikon, sont les seules cliniques en Suisse à être spécialisées dans la réadaptation et la réinsertion professionnelle des patients victimes d’accidents. Avec succès: plus de 80 % des assurés de la Suva qui ont été victimes d’accidents graves travaillent à nouveau.

Le 16 juin 2018, après 5 ans de travaux d’agrandissement et de rénovation, la clinique de réadaptation de Bellikon ouvre ses portes à la population. La Suva y a investi 350 millions de francs pour lui permettre d’adapter ses prestations aux exigences actuelles. Pour rappel, en Suisse romande, la Clinique romande de réadaptation de Sion avait, pour sa part, effectué des travaux d’agrandissement entre 2013 et 2015.

Les deux cliniques de la Suva traitent chaque année 2800 patients en stationnaire. Leur activité principale est axée sur la réadaptation et la réinsertion professionnelle. «Outre nos activités de prévention et d’assurance, nous accordons une grande importance à la réintégration des victimes d’accidents graves dans la vie quotidienne et dans le monde du travail», affirme Daniel Roscher, membre de la Direction de la Suva. «Ouvrir des perspectives professionnelles aux victimes d’accidents contribue grandement à la réussite de la réadaptation.» Ces dernières années, la Suva a aidé en moyenne plus de 80 % des victimes d’accidents graves à retravailler. La Suva affiche ainsi de manière constante d’excellents résultats en matière de réinsertion. «Avec ses deux cliniques de réadaptation, la Suva met en avant sa responsabilité économique et sociale», explique M. Roscher. Le degré de réussite d’un retour à la vie quotidienne et professionnelle après un accident est important du point de vue socio-économique. «Chaque franc investi dans la réadaptation porte largement ses fruits.»

Une réponse aux exigences actuelles

Tant à Sion qu’à Bellikon, les cliniques Suva disposent d’ateliers, de salles de soins et de réadaptation professionnelle modernes et adaptés aux exigences du monde du travail actuel. Les victimes d’accidents peuvent pratiquer, à l’intérieur et à l’extérieur, des exercices pour améliorer leur motricité globale et leur motricité fine, y compris sur ordinateur. «Cette étape est nécessaire pour aider les victimes d’accidents à réintégrer ultérieurement le monde du travail», souligne M. Roscher. Des médecins, des conseillers en orientation professionnelle, des coachs du travail, des physiothérapeutes, des ergothérapeutes et des psychologues accompagnent les patients de façon coordonnée dans les différentes situations de réadaptation médicale et professionnelle, et gèrent les évolutions conjointement, avec une efficacité accrue.

Débuter rapidement la réadaptation

Plus tôt les victimes d’accidents graves bénéficient de l’accompagnement adéquat, plus leurs chances de reprendre le travail sont élevées. En effet, la probabilité de réinsertion diminue avec la durée de l’incapacité de travail. Les études montrent même qu’elle baisse d’environ 50 % à partir de six mois d’incapacité de travail. C’est pourquoi il est essentiel que les assurés soient admis le plus rapidement possible dans la clinique de rééducation et qu’ils bénéficient de mesures de réadaptation ciblées.

Chaque année, plus de 4000 assurés de la Suva ont des accidents tellement graves qu’ils ne peuvent être réintégrés sans accompagnement coordonné. Certes, tous n’ont pas besoin d’un séjour de réadaptation en établissement, mais la Suva recourt au Case Management tout au long du processus de guérison: avec des prestations médicales, des mesures de réinsertion professionnelle et une réadaptation globale. Le retour à la vie active redonne aux victimes d’accidents une certaine qualité de vie, leur ouvre de nouvelles perspectives et leur permet de retrouver leur place parmi leurs collègues.

Des victimes d’accidents témoignent

Sur la page www.suva.ch/cliniques   et sur www.youtube.ch/suvasuisse   , plusieurs victimes d’accidents racontent dans des vidéos comment, après un accident, la réadaptation leur a permis de retourner à la vie quotidienne. «Avoir pu suivre une rééducation à Bellikon est la meilleure chose qui pouvait m’arriver», affirme Simon Gerber, un ancien postier qui a été traîné par un train sur deux kilomètres et demi et a perdu un pied. Aujourd’hui, il exerce avec passion le métier de chauffeur de bus.

100 ans Suva: Histoire de la Clinique romande de réadaptation

La Clinique romande de réadaptation ouvre ses portes le 9.9.99. Elle n’a, depuis, cessé de croître. Elle a suivi la tendance générale, qui était à la spécialisation et à la mise en réseau de la médecine de réadaptation. En 2002, elle a par ailleurs aménagé dans ses locaux des ateliers destinés à la réalisation de travaux de construction, de métallurgie et de transformation du bois. 60 % des patients ont ainsi fait leurs premiers pas vers leur réinsertion professionnelle au sein de cette nouvelle infrastructure. Un centre dédié aux personnes gravement brûlées, exploité en étroite collaboration avec le service de chirurgie plastique et reconstructive du Centre hospitalier universitaire vaudois, a ensuite vu le jour en 2005, de même que l’Institut de recherche en réadaptation, fondé avec le soutien de la clinique de Sion, du canton du Valais, de la ville de Sion, de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne et du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV).

La Clinique romande de réadaptation a fait en 2006 un pas important vers sa spécialisation en décidant de mettre l’accent sur la traumatologie orthopédique et sur les cas spéciaux de paraplégie. Dans ce cadre, elle a conclu en 2009 un accord de collaboration avec l’Association suisse des paraplégiques en vue de la prise en charge de tels patients. En 2009, dix ans après son ouverture, son chiffre d’affaires annuel atteignait près de 40 millions de francs (contre 28 à ses débuts), le nombre d’équivalents temps plein était passé de 160 à 228, et le taux d’occupation des lits s’élevait à 98 %.


De 110 à 145 lits

Près d’un millier de patients étaient alors traités chaque année au sein de la clinique. On a donc décidé en 2012 de procéder à une extension. Les travaux réalisés entre avril 2013 et février 2015 ont permis d’augmenter de 30 % environ la capacité de la clinique, portant les postes à plein temps à 320 et le chiffre d’affaires à 60 millions de francs. Dans le même temps, une chaire de recherche en neuro-ingénierie clinique a été créée par l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne à la CRR, et les locaux dédiés à la médecine du sport ont été agrandis. La Clinique romande de réadaptation est aujourd’hui reconnue en tant que «Swiss Olympic Medical Center».
Plus de renseignements sur les 100 ans de la Suva : www.suva.ch/100ans  

La Suva exerce son activité depuis 1918 et emploie près de 4200 personnes au siège de Lucerne, dans ses 18 agences réparties dans toute la Suisse et dans ses deux cliniques de réadaptation de Bellikon et de Sion. Entreprise indépendante de droit public générant un volume de primes d'environ 4,1 milliards de francs, elle assure près de 128 000 entreprises, soit 2,0 million d'actifs, contre les conséquences des accidents et des maladies professionnelles. Les bénéficiaires de l'assurance chômage sont assurés automatiquement à la Suva. Depuis 2005, la Suva assume aussi la gestion de l'assurance militaire sur mandat de la Confédération. Ses prestations comprennent la prévention, l'assurance et la réadaptation. L'entreprise est financièrement autonome et ne perçoit pas de subventions. Ses excédents de recettes sont redistribués aux assurés sous forme de réductions de primes. Les partenaires sociaux, employeurs et salariés, de même que la Confédération sont représentés au sein du Conseil de la Suva.