Monoxyde de carbone: attention danger!

Jean-Luc Alt,

L’utilisation de pellets comme combustibles pour le chauffage représente une alternative au mazout. Une solution moderne, normalisée et respectueuse de l’environnement. Mais attention, les systèmes de chauffages ainsi que ces granulés de bois compressés peuvent produire un gaz inodore, non irritant, indétectable naturellement et potentiellement mortel: le monoxyde de carbone.

Les pellets, ces granulés de bois compressés, utilisés dans les installations de chauffage, sont pressés à partir de morceaux de bois exempts d’écorce, parfois renforcés par des liants naturels, comme l’amidon. Ils sont livrés par des entreprises spécialisées et stockés dans des locaux attenants à la chaufferie.
Le risque lié à la combustion des pellets et à la production de monoxyde de carbone (CO) en cas de mauvais fonctionnement de l’installation est relativement connu. Celui de la production du gaz lors de l’entreposage de ces granulés de bois est trop souvent sous-estimé, voire totalement méconnu. En effet, lors du stockage de pellets dans une pièce, les granulés peuvent subir un processus chimique qui produit du monoxyde de carbone. Si la pièce n’est pas aérée ou ventilée, le gaz s’accumule alors au sol exposant ainsi tout visiteur à des conséquences qui peuvent être fatales.

 
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Les effets du CO

L’intoxication par le monoxyde de carbone est une des principales causes de mortalité accidentelle par gaz toxique. Ce gaz est inodore et indécelable naturellement. Seul un détecteur permet de révéler sa présence. Il est absorbé exclusivement et rapidement par les poumons. Il pénètre ensuite dans les globules rouges, se fixe sur l’hémoglobine du sang à la place de l’oxygène et empêche ainsi l’oxygénation des cellules. Traitée rapidement, cette réaction est heureusement réversible: la victime est placée dans un caisson ou une chambre de décompression avec de fortes concentrations d’oxygène à haut débit. 

Conséquences sur la santé

Les conséquences sur la santé dépendent de la durée d’exposition et du taux de monoxyde de carbone contenu dans l’air ambiant (v. tableau de concentration). Les organes les plus sensibles sont le système nerveux central et le cœur. A taux faibles, on observe des maux de tête, des troubles digestifs voire des malaises. A taux plus élevés, la victime tombe dans le coma et risque la mort. Une telle intoxication peut laisser des séquelles de type neurologique et cardiaque à vie.
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Concentration de monoxyde de carbone (CO) et symptômes ressentis (Source: Suva)

Décès d’une jeune mère de famille

En 2011, une mère de famille de 28 ans a trouvé la mort dans un local de stockage de pellets. Le décès fut de prime abord attribué à un accident mécanique. Les examens supplémentaires effectués par la suite ont démontré que la malheureuse avait succombé suite aux émanations de monoxyde de carbone en provenance des pellets.

Trois collaborateurs intoxiqués

Début janvier 2017, trois collaborateurs d’une collectivité publique ont été exposés sans le savoir au monoxyde de carbone dans une chaufferie dans le canton de Vaud. Le plus gravement atteint a rapidement perdu connaissance sur le seuil de l’accès donnant sur le local de stockage des pellets. Il a par chance pu être secouru à temps par ses collègues présents. 

Conséquences sur la santé:

  • Laisser faire des professionnels: Comment se prémunir de l’exposition à un gaz inodore et non détectable naturellement ? En premier lieu, le commun des mortels qui possède un chauffage à pellets ne devrait jamais chercher manipuler les installations techniques ni se rendre dans le local de stockage. L’accès à ces deux pièces devrait être exclusivement l’apanage des spécialistes. En effet, seuls des professionnels sont à même de faire de la maintenance dans des conditions de sécurité optimales. Et le risque lié à la présence de monoxyde de carbone exige ces conditions de sécurité optimales. 
  • Mesures vitales de prévention: D’une manière générale, les professionnels ne devraient jamais se rendre seul dans un local de chauffage ou de stockage à pellets. Avant toute intervention, ils doivent d’abord s’assurer que la zone de travail ait été ventilée puis en contrôler la teneur en CO avec un détecteur. En effet, même une infime quantité de CO dans l’air (dès 0,02 %) suffit à déclencher les premiers symptômes d’une intoxication (voir tableau annexé). Enfin, ils veillent à ce que les locaux soient munis d’un autocollant de mise en garde sur les dangers liés au stockage et aux émanations de gaz.

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