«Nous faisons tout notre possible pour nos clients»

Felix Weber, chef de la Suva, prend position sur des questions importantes concernant l’épidémie de coronavirus en Suisse.

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Felix Weber, président de Direction de la Suva

La situation est extraordinaire. Le Conseil fédéral a arrêté les mesures les plus radicales pour la population suisse depuis la Seconde Guerre mondiale. Les entreprises font face à des défis majeurs. Comment la Suva gère-t-elle cette situation? Et qu’en est-il des entreprises et de leurs assurés? Felix Weber, président de Direction de la Suva, prend position.

Monsieur Weber, le coronavirus a frappé de plein fouet la Suisse et son économie. Que fait la Suva pour soulager les entreprises?
Les collaborateurs de la Suva font tout leur possible pour réagir adéquatement à la crise. Ainsi, depuis la mi-mars, nous ne prélevons plus d’intérêts de retard pour les paiements tardifs. De plus, nous renonçons à l’envoi de rappels et n’engageons plus de procédures de poursuite. Pour l’instant, cela s’applique jusqu’au 30 juin. Entre-temps, le Conseil fédéral a aussi ordonné la suspension des poursuites et mis à disposition des aides aux entreprises sous la forme de liquidités. Nous saluons vivement ces mesures. Cela donne à toutes les parties concernées le temps de se concentrer sur ce qui est important: le respect des directives de la Confédération.

 

Ce sont précisément ces directives que les entreprises ont parfois du mal à appliquer.
Tout le monde est dans le même bateau. L’heure est à la lutte contre la propagation du virus. Le SECO a adressé des directives claires aux entreprises en Suisse  . Le Conseil fédéral nous a attribué le mandat d’aider les cantons à contrôler le respect de ces directives en matière de droit du travail. Si une entreprise enfreint ces règles ou refuse de les appliquer, le canton prendra les mesures nécessaires.

 

Les entreprises doivent donc continuer à s’attendre à des contrôles et à la visite de conseillers en sécurité de la Suva?
Oui, mais nous nous conformons aux directives de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Nos experts en sécurité respectent les règles d’hygiène et de distance. Si nous avons connaissance de violations graves de dispositions en matière de sécurité au travail ou de protection de la santé, nous agirons comme à l’accoutumée.

Pandémie coronavirus

Vous trouverez des informations importantes à l’adresse suivante: www.suva.ch/covid-19  

Le système de santé suisse est durement mis à l’épreuve. La Suva et ses assurés sont également un client de ce système. Qu’est-ce qui est prévu à cet égard?
Pour permettre aux hôpitaux et aux cabinets médicaux de se concentrer sur le traitement des patients atteints du coronavirus, les interventions électives, les traitements et les opérations planifiés sont reportés. De plus, nous réduisons autant que possible l’établissement de rapports. Seuls sont exigés les rapports médicaux absolument indispensables à l’examen de l’obligation d’allouer des prestations.

 

Les bourses ont violemment réagi: il s’agit du plus grand krach boursier depuis la crise financière de 2008. Cela a-t-il un impact sur la Suva et ses clients?
Il y a bien sûr des pertes de cours sur titres correspondantes. Mais la position financière de la Suva demeure très solide. En cent ans d’histoire, la Suva a déjà connu un bon nombre d’événements ayant eu des conséquences financières comparables. En ce sens, il n’y a pas de répercussions prévisibles sur les assurés pour l’heure. Ce qui nous préoccupe davantage, c’est le niveau extrêmement bas des taux d’intérêt, qui à long terme affectera toutes les assurances sociales.

 

Désormais, de nombreux assurés restent à la maison. Vous attendez-vous à une baisse des accidents? Le cas échéant, aurait-elle une influence sur les primes?
Dans certaines branches, nous nous attendons actuellement à moins d’accidents. Ce qui est clair, c’est que quand on ne travaille pas, il n’y a pas non plus d’accident professionnel. Le raccourcissement de la saison de sports de neige et la renonciation aux sports de balle et de ballon pèseront aussi dans la balance. Comme la Suva est à but non lucratif, les primes seront adaptées en fonction de la diminution des accidents, dès que ces effets pourront être quantifiés et qu’ils seront financièrement pertinents. En revanche, la question est encore totalement ouverte de savoir dans quelle mesure et dans quelles branches cela se fera.