Se protéger des tiques

Les tiques peuvent transmettre la borréliose et l’encéphalite à tiques à l’homme. Notre médecin du travail sait comment se prémunir des piqûres de tiques.

Les tiques: petites bestioles, grands danger

Chaque année, on recense quelque 10 000 cas de piqûres de tiques en Suisse. Considérées comme des accidents, celles-ci génèrent des coûts de plusieurs millions de francs. Ces acariens peuvent transmettre à l’homme la borréliose  ou la MEVE   (méningo-encéphalite verno-estivale). Bien qu’il n’existe pas de protection absolue contre ces maladies, quelques règles simples permettent de réduire considérablement le risque de piqûre:

Comment réduire le risque des piqûres de tiques?

  • Dès le mois de mai et jusqu’à 1500 m d’altitude, évitez les taillis et les broussailles mesurant jusqu’à 1,5 m en forêt et au jardin pour ne pas entrer en contact avec des tiques.
  • Porter des vêtements fermés et couvrant le corps de couleur claire. Ainsi, les tiques se voient mieux et peuvent être enlevées avant d’avoir eu le temps de piquer leur hôte.
  • Vaporiser un spray anti-tiques sur la peau et les vêtements.
  • En cas de tique fixée sur la peau: l’enlever le plus rapidement possible à l’aide d’un tire-tique ou d’une pince à épiler en tirant verticalement. Désinfecter l’endroit mordu.
  • L’Office fédéral de la Santé publique recommande de se faire vacciner par son médecin traitant.
  • Une morsure de tique est reconnue comme un accident (pour autant qu’un lien de causalité puisse être établi) et les frais de traitement pris en charge par l’assurance-accidents.

Anja Zyska, dans quel environnement peut-on principalement être confronté à des tiques ?

On rencontre des tiques dans la nature, partout où il y a de la végétation et là où vivent leurs victimes préférées: souris, hérissons et oiseaux au sol. Elles se trouvent sur des plantes d’environ un mètre de haut dans les champs, dans les sous-bois ou dans la végétation en bordure de route. Les tiques s’agrippent très rapidement à leur proie et rampent jusqu’à un endroit approprié pour piquer et sucer le sang de leur victime. Chez l’être humain, les endroits de prédilection sont souvent le creux du genou et l’aine ainsi que la tête chez les enfants.

A quelle période sont-elles actives ?

Il faut une température d’au moins 8°C pour que les tiques deviennent actives, ce qui peut théoriquement être le cas durant presque toute l’année. La statistique montre cependant des pics au printemps et en automne. 

En été, elles sont un peu plus rares en raison de la sécheresse et en hiver à cause du froid. Mais on ne peut pas totalement exclure leur présence à ces périodes non plus.

Comment peut-on facilement se protéger de la morsure de tique ?

La principale précaution consiste à éviter le contact avec la végétation où elles se cachent. Ensuite, il est possible de se protéger en aspergeant la peau et les habits à l’aide de sprays répulsifs contre les tiques. Porter des habits clairs et à manches longues permet d’une part de repérer plus facilement les tiques et d’autre part de leur rendre l’accès aux membres supérieurs et inférieurs plus compliqué. Dans ce sens, on peut aussi augmenter la difficulté d’accès à la peau en serrant le pantalon à l’intérieur des chaussettes.

Quels conseils pouvez-vous donner en cas de morsure de tique ?

Il est fortement recommandé de contrôler la peau le soir après une ballade, pour pouvoir enlever rapidement les éventuelles tiques. On peut ainsi éviter une infection avec la maladie de Lyme. Il faut, en effet, compter entre 12 et 24 heures pour la transmission de la borréliose (ou maladie de Lyme). Le virus de l’encéphalite à tique se transmet, lui, malheureusement directement, sans délai. Il est recommandé de surveiller l’endroit de la morsure et en cas de doute, ne pas hésiter à se rendre chez le médecin. La brochure Suva donne de précieux renseignements à ce sujet.

Pourquoi les tiques sont-elles si dangereuses ?

Les tiques peuvent transmettre des maladies aux êtres humains. En Suisse, il s’agit avant tout de la borréliose, également appelée maladie de Lyme, d’origine bactérienne, et de la méningo-encéphalite verno-estivale (MEVE), ou encéphalite à tiques, d’origine virale. L’infection virale peut provoquer des méningites et des encéphalites, dont les conséquences peuvent être très graves. Enfin, Il reste quelques rares autres pathogènes – notamment la peste du lièvre – mais qui sont extrêmement rares.

Quelle est la différence entre la borréliose et l’encéphalite à tiques ?

Pour aller à l’essentiel: la borréliose est une maladie d’origine bactérienne contrairement à l’encéphalite à tiques qui est d’origine virale. Par conséquent, seule la borréliose peut se traiter par antibiotiques. En revanche, il existe un vaccin préventif pour se prémunir de l’encéphalite à tiques. La Suva a édité une brochure permettant de détecter les symptômes de ces deux principales maladies transmises par les tiques.

Pourquoi et pour qui conseilleriez-vous le vaccin contre l’encéphalite à tiques ?

La vaccination est recommandée dans toutes les zones endémiques pour l’encéphalite à tiques. Actuellement, ces zones s’étendent depuis le Nord sur toute la Suisse. La vaccination est donc fortement recommandée pour tous, en particulier pour les personnes qui se promènent souvent dans la nature ou qui y travaillent. Le site Internet de l’OFSP (Office Fédéral de la Santé Publique) fournit une multitude d’informations à ce sujet.

Vous-mêmes, avez-vous fait vacciner vos enfants et pourquoi ?

Oui ! J’ai grandi dans le sud de l’Allemagne dans une région qui est endémique depuis longtemps. Je suis donc vaccinée depuis mon enfance. En tant que médecin, vaccinée contre l’encéphalite à tiques et consciente des risques, il était évident que je devais aussi protéger mes enfants qui aiment courir dehors et partir à la découerte dans les sous-bois.

Vous trouverez d’autres renseignements utiles dans notre brochure d’information «Attention aux tiques!  ». Une carte   vous indique par ailleurs les régions à risque concernant la MEVE.